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Bien Vivre à l’Hautil, inquiète des incidences environnementales du projet du Domaine du Faÿ

Bien Vivre à l'Hautil
il y a 10 heures
5 min de lecture

Un important complexe hôtelier 5 étoiles est prévu à Andrésy sur le site actuel du Château du Faÿ. Son permis de construire a été accordé le 26 février 2025. Une enquête publique portant autorisation environnementale est actuellement ouverte jusqu’au 23 octobre. Chacun peut librement donner son avis, soit en ligne, soit sur le registre dédié de la mairie-annexe d’Andrésy. Vers l'enquête publique Domaine du Faÿ


En tant qu’association de protection de l’environnement et du cadre de vie active sur le massif de l’Hautil, Bien Vivre à l’Hautil vient d’apporter une première contribution avec une vue d’ensemble sur ce dossier. Situé sur les coteaux d’une vallée calme du massif forestier, le long de la forêt, niché entre Maurecourt, Andrésy et Chanteloup-les-Vignes, le projet comporte un hôtel de 67 chambres, un restaurant gastronomique de 57 couverts, une brasserie de 200 couverts, un espace bien-être, un auditorium et un espace événementiel.


Le projet consiste en la réhabilitation des sept bâtiments du domaine du Fay, à savoir le château et ses communs, et en l'implantation de dix nouvelles constructions dans le but de développer un ensemble hôtelier diversifié et complet. Le projet imperméabilise 3 000 m² et double la surface de plancher à 4 820 m² avec 7 ha concernés par les travaux sur une emprise foncière totale de 35 ha. Le parking permettra le stationnement de 128 véhicules.


Le site permettra d’accueillir toute l'année des événements privés comme des mariages et des événements d'entreprises ou des séminaires. Il pourra accueillir un peu plus de 600 personnes en même temps.


La réhabilitation de ce château qui menace ruine est l’aspect très positif du projet.


Néanmoins la construction puis l’exploitation du complexe hôtelier du Domaine du Faÿ auront de multiples impacts qu’il s’agit d’évaluer au mieux. En effet, de nombreuses incidences environnementales semblent se cumuler sur l’ensemble et autour du périmètre du site dans un secteur ultra-sensible sur les plans géologiques et écologiques.


Rappelons que le sous-sol du massif de l’Hautil a été exploité depuis le Moyen Age pour ses ressources en gypse, laissant des zones entières en fort ou moyen risque d’effondrement, avec des mouvements de terrain alentour. Plusieurs zones en secteur dangereux sont en toute proximité du site du Faÿ (cf. PPRN du massif de l’Hautil pris en 1995).


Quels accès pour se rendre au Domaine du Faÿ : les solutions ne sont pas étudiées !


Ce qui frappe en premier lieu c’est l’incertitude sur les accès au site, durant les travaux puis pendant l’exploitation. Ceux-ci ne sont pas indiqués dans le dossier d’enquête publique, ils deviennent donc en quelque sorte l’éléphant dans la pièce. Leurs incidences environnementales ne sont pas étudiées, ou en tout cas ne sont pas officialisées.


Chemin de la Grande Rue : une option inadaptée. Cet accès se fait à partir du CD55 par la route de l’Hautil, à Andrésy ; laquelle, étroite, sinueuse et raide, arrive à la forêt à partir de l’EPHAD d’Andrésy. Puis c’est le chemin de la Grande Rue, un chemin forestier. L’accès au site pourrait peut-être ensuite se faire par la Grille du Parc, au sud du site, en pleine forêt. Mais cette solution n’est pas étudiée dans les études présentées. Il faudrait alors abattre de nombreux arbres dans le bois, pourtant protégé. Cette option n’était pas prévue quand la préfecture a dispensé le projet d’une étude environnementale « au cas par cas ».

 

L’Hautil demeure majoritairement une zone naturelle sensible et fragile


Le chemin de la Grande Rue rencontre tous les classements sensibles et protecteurs du Massif de l’Hautil. Elle passe sur une zone rouge à risque d’effondrement inscrite au PPRN (plan de prévention des risques naturels pris par le Préfet en 1995) ; elle se situe dans l’espace boisé classé (EBC) de la forêt de l’Hautil qui est aussi un Espace Naturel Sensible (ENS). La forêt comporte également plusieurs ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique, floristique et faunistique) avec une biodiversité remarquable comportant de nombreuses espèces protégées.


Ce chemin de la Grande Rue est partagé par 2 communes : Chanteloup-les-Vignes et Andrésy.Une partie de la ville de Chanteloup est située en contrebas et proche de ce chemin. Or le risque d’effondrement est caractérisé à Chanteloup en divers endroits. Les habitants s’inquiètent.


Autre accès irréaliste via la D22: par le tronçon restant ouvert de la route de Maurecourt (dite « La Gueule rouge ») à partir de la D22 sur l’Hautil, puis via un chemin agricole entre deux champs - le Chemin des Fréculs -pour terminer par la route de face à l’entrée nord du Château… laquelle ne peut supporter le croisement de deux autos ! La D22 est limitée à 12 tonnes, du côté Chanteloup est interdite aux camions, la route de Maurecourt est limitée à 3,5 t, et le chemin des Fréculs est impraticable pour des poids-lourds.

Autre problème associé à cet accès : une nouvelle augmentation du trafic dans le centre du Chanteloup, situé en zone rouge du PPRN.

 

Les maires d’Andrésy, Chanteloup et Maurecourt ont ainsi diffusé récemment un communiqué commun indiquant leur refus, non pas du projet en lui-même, mais alertant sur des accès inadaptés passant par leurs territoires respectifs. Vers le communiqué commun des 3 maires

“…Or, la question des accès est indissociable du projet. Sans accès adaptés, sécurisés et compatibles avec les caractéristiques des territoires traversés, la faisabilité concrète du projet doit être questionnée. C’est précisément l’un des enjeux de l’enquête publique environnementale qui s’ouvre le 24 septembre 2026.”

 

Un cumul d’incidences environnementales sur ce projet


A partir du dossier d’enquête publique et du permis de construire, des incidences environnementales cumulées émergent. Elles portent sur plusieurs aspects :

·       la biodiversité, les habitats naturels et les espèces protégées, sur l’entièreté du site. De nombreuses espèces spécifiques y vivent. Et les incidences du projet sur l’espace boisé n’ont pas été étudiées ;

·       les nuisances sonores pendant les travaux, puis en phase d’exploitation ;

·       les impacts dûs aux vibrations liées aux travaux in situ et aux circulations des engins sur la zone PPRN et pour les habitations situées au sud et au nord du site ;

·       la pollution lumineuse engendrée par le fonctionnement d’un complexe hôtelier dans un environnement actuellement préservé la nuit,

·       la gestion des eaux pluviales dans le cadre de l’augmentation des épisodes pluvieux, mais aussi l’assainissement et ses rejets ;

·       les incidences de la chaufferie bois sur la préservation des espaces boisés ;

·       la gestion et la sécurisation de la forêt et du parc dans un contexte de fréquentation fortement accrue.



Ce projet d’une grande ampleur peut-il respecter les contraintes et la nature du site et du massif de l’Hautil ? En réalité le dossier proposé à l’enquête ne permet pas, en l’état, d’apprécier précisément la totalité des incidences. Et le sujet des accès est inséparable de la faisabilité globale du projet.


La contribution de l’association Bien Vivre à l’Hautil sur les voies d’accès vient d’être portée au registre de l’enquête publique.


Crédit photo aérienne : source 3_2_3_PC_4_1_Notice_de_presentation_du_projet



Vue aérienne Le Faÿ - Andrésy
Vue aérienne Le Faÿ - Andrésy



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